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La presse à l'école
Eurockéennes de Belfort - Ils ont « fait » les Eurocks

« On y découvre la vie »

Depuis vingt ans, l'entreprise Curti à Bavilliers soutient le festival. De père en fils, comme une évidence. Chacun avec sa sensibilité.

On a parfois du mal à réaliser qu'un festival comme les Eurocks est aussi un formidable moteur économique pour tout un territoire. Et que depuis 20 ans, partenaires et mécènes alimentent en partie cette grosse machine à tubes.
En 1989, pour la première édition, on était à des années lumière d'un mécénat organisé, mais déjà quelques chefs d'entreprise doux dingues n'avaient pas hésité à glisser un petit billet dans la cagnotte « Eurocks ».
Étaient-ils fous ou précurseurs ? «Je pense que mon père était un peu visionnaire », juge Benoît Curti, directeur général depuis 2002 de Curti SA à Bavilliers, spécialisée dans la plâtrerie et la peinture, « il aimait bien les paris, et pensait que ça pouvait exploser... »
Le plus étonnant dans l'histoire, c'est que pour la première édition, son paternel (décédé depuis) soutient financièrement les Eurocks, et que le fils, âgé alors de 16 ans « a l'interdiction d'y aller ».
À l'époque, l'entreprise bénéficiait-elle de places gratuites ? Le successeur avoue ne l'avoir jamais su. « Il n'avait pas de places, ou alors il ne me l'a jamais dit ». Le pensait-il trop jeune pour affronter le rock circus ? « Mon père était un peu sévère et il avait un peu peur pour moi : trop de punks, trop de drogués, d'après lui... »
Cette image-là, le Benoît enfin majeur et « enfin festivalier », a essayé de la changer auprès de son père.
«C e n'était absolument pas ce qu'il croyait. Moi, j'aimais la musique, mais c'était surtout une grande fête, tout le monde cohabite dans une bonne ambiance, je n'ai jamais vu une bagarre ».
Il prend ses marques progressivement au Malsaucy, traverse « des années géniales » entre copains, il se libère et « découvre la vie ».
Belfort n'est plus seulement l'industrieuse, la ville du « Che », elle devient une balise rock dans l'océan de la jeunesse, dont on se vante en vacances.

« Ils nous chouchoutent »


Si son père ne s'est rendu sur le site qu'une seule fois, « passés les 50 ans d'ailleurs », Benoît se dit fier de l'initiative, « c'est notre rôle aussi, entreprise, de soutenir de tels projets ». Jamais le partenariat n'a été remis en question, ni par lui, ni par son cousin Paul, le PDG.
Être mécène, c'est donc devenu « naturel », d'autant que les Eurocks les « chouchoutent », dit-il. « Ce festival, ça fait partie de notre boutique, de l'histoire de notre société ». Et qu'importe si les retombées, comme il le croit, sont « minimes », l'important est « d'y être ».
Ces dernières années, la vie de chef d'entreprise grignotant la majeure partie de son temps, il a un peu coupé avec la musique.
Il connaît les têtes d'affiche, mais, « pour le reste », reconnaît qu'il est « un peu déconnecté ».
Le sac « Eurockéennes » 2008 est prêt à partir pour le Malsaucy. Benoît rajeunit. « Ils nous offrent quand même une belle récré », dans cette école de la vie.

X. F. (Xavier FRERE)

3/07/08

Benoit Curti, directeur général et habitué du festival : « Ça fait partie de notre histoire ».
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