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La presse à l'école
Eurockéennes de Belfort - Ils ont « fait » les Eurocks

« Mon festival du cœur »

Formée à la presse, puis au contact des artistes, Cathy Serra a ensuite volé de ses propres ailes. Mais retrouve chaque été ce nid douillet.

Nom : Serra. Prénom : Cathy. Âge : 33 ans. Racines : quartier des Résidences à Belfort. Signe distinctif : dit « avoir découvert un métier » aux Eurocks, celui des relations presse et publiques.
Sauf que bosser pour les Eurocks ne se limite pas à l'aspect professionnel, l'affectif a rythmé ses six années de vie commune avec le festival :« J'y ai vécu tellement d'expériences, il reste mon festival du cœur ! ».
1991. Cathy Serra a 15 ans et demi, elle vit aux Résidences, « le quartier populaire » de Belfort. Un festival « des Ballons » prend racine au Malsaucy. La jeune lycéenne écoute « pas mal de rock », elle ne veut pas rater ça. « C'était un vrai coup de cœur, cette première édition », se souvient-elle, « il y avait aussi une certaine fierté, il se passait quelque chose de passionnant dans ma ville... » Et sa vie s'en trouve un peu bouleversée.

« Autonome tout de suite »


Elle a beau ensuite obtenir une maîtrise en langues étrangères appliquées, elle reste comme aimantée à l'événement qui ne cesse de prendre de l'ampleur, et qu'elle traverse comme festivalière. Jusqu'en 1997 : Cathy a transité par l'office de tourisme, le Point info sur le site, et on lui propose cette année-là de rejoindre le staff eurockéen : « Hyper émouvant ! »
Mais ce challenge, ce n'est pas tout à fait les Vosges, c'est un Everest : « Oui, j'aimais la musique, mais je ne maîtrisais pas la com' ».
Il faut dire aussi qu'elle arrive à une période difficile pour le festival « financièrement pas au mieux ». Elle se doit d'« être autonome tout de suite ». Apprentissage grand V. Découverte d'un mastodonte, où, en coulisses, on parvient malgré tout « à partager des moments forts ». C'était un job, ça devient une famille.
Le navire Eurocks traverse alors quelques tempêtes, au propre (en 2001), comme au figuré (les 4 jours en 1999 avec Metallica, délicat).
Lorsque la nouvelle équipe, autour de Jean-Paul Roland, débarque, son « confort est un peut perturbé au départ », mais elle obtient « plus de latitude » et devient officiellement « responsable des relations presse ».
Deux ans plus tard, elle décide de prendre un peu du large, « la nécessité de voir d'autres choses ». Un souhait doublé d'un déchirement. «Ça s'est fait un peu dans la douleur, je quittais ma grande famille des Eurocks ».

En limousine avec Depeche Mode


Elle rejoint son compagnon en banlieue lyonnaise, la carte de visite du festival l'aide à poursuivre sa carrière dans l'événementiel. « Les Invites » à Villeurbanne lui font les yeux doux, elle accepte. Ce qui ne l'empêche pas -même si les deux festivals sont proches au niveau des dates- de reprendre chaque première semaine de juillet, la route du Territoire. Pour apporter son expérience. Presque pour continuer à se former si on l'écoute. Pas question de couper le cordon. En 2004, elle est assistante de production pour « Trafic musique » de Guillaume Durand. Puis elle gère en partie l'accueil des artistes. « On a notamment fait un aller-retour à vide, en limousine, depuis l'aéroport de Bâle pour qu'il n'y ait aucun incident pour l'arrivée de Depeche Mode, très minutée ». Le staff du groupe se montre ultra-stressé, il faut rester « zen ». « A l'hôtel 4 étoiles, pas de ventilo ! Scandale... » Elle ne perçoit pas vraiment ça comme des caprices de stars, « c'est le jeu », tout simplement. Elle dépanne le groupe Archive avant de monter sur scène, ils souhaitent « se raser juste avant ». Idem pour Beth, la chanteuse de Gossip, qui a besoin d'un épilateur ! Côtoyer ces artistes apparaît séduisant, mais la « barrière » se dresse naturellement. On fait abstraction de son côté « groupie ». Il faut se dire : « Je suis fan de leur musique, en général moins des personnes... » Parce qu'elle découvre parfois un envers du décor, des attitudes qui ne correspondent plus à l'esprit « cool » du rock n'roll. Ces deux dernières années, la Belfortaine revient aux sources pour accueillir les partenaires, auprès de Fred Adam. Une pression différente, mais une pression quand même, « lorsqu'on accueille le PDG des plus grosses entreprises, les enjeux sont différents, c'est vrai... » Elle le sait, elle ne dormira pas beaucoup ce week-end. Ce sera dur, physique, éreintant, mais au plus fort de l'ambiance, « l'adrénaline te tient ». C'est devenu pour Cathy un sacerdoce estival, un point d'ancrage dans sa vie cultu(r)elle, elle qui se sent toujours autant « Belfortaine et eurockéenne, c'est limite un nom d'habitant, non ? »

Xavier FRERE

3/07/08

Cathy Serra est restée six ans aux Eurocks (1997-2003), mais rejoint le staff chaque été. « L'arrivée de Depeche Mode, quelle pression ! »
Photo Baptiste ROUX DIT RICHE
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