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Fantastic Arts - Festival fantastic'arts à gérardmer

« Une piqûre de dynamisme »

Lionel Chouchan, créateur du festival, a bien l'intention de fêter le quinzième anniversaire de Fantastic'arts comme il se doit. Rencontre et bilan.

- Quinze ans, le moment de faire le bilan. Pour reprendre l'historique, comment s'est passée la transition entre Avoriaz et Gérardmer ? Avoriaz a duré 20 ans, de 1973 à 1993. J'avais eu cinq propositions de différentes villes et stations de ski dans les Alpes et les Pyrénées. J'ai été séduit par l'extraordinaire volonté des Géromois de voir un festival dans les Vosges. De plus je ne voulais pas souffrir de comparaisons médiatiques sur le nombre de pistes, d'hôtels ou de prestation. Il fallait un festival populaire. Il ne faut pas oublier qu'à Avoriaz, si les stars étaient présentes, il n'y avait à l'origine qu'une salle de 250 places. Dans les Vosges il y a un vrai public. C'était un choix raisonné et je ne le regrette pas. - Pourtant il a fallu faire se déplacer les vedettes ? Cela n'a pas été évident. Les deux premières années, les fidèles d'Avoriaz ont suivi, mais ne sont pas revenus. Des acteurs comme ou Jugnot ou Lhermite me disaient, « Alors toujours à 800 m d'altitude ? » On a tourné les choses autrement avec une sélection de qualité et les bénévoles sont très nombreux. On ne retrouve pas cela à Deauville ou Cognac. - Vous parliez de sélection ? Un festival c'est un thermomètre plongé dans la production internationale et si on ne peut faire monter le mercure, nous avons été les premiers à montrer des productions asiatiques puis espagnoles. Les mentalités des spectateurs ont évolué. Il y a dix ans on se cachait sous les fauteuils, aujourd'hui les gamins rient, ils ont tellement l'habitude de tuer des monstres sur leur ordinateur. - On entend chaque année c'est le dernier festival. Que répondez-vous ? Il y a deux facteurs qui motivent ce genre de réactions, la peur que l'on reprenne nos billes pour chercher un lieu skieur et le budget. Un festival nécessite de l'argent. Mais cela fait partie du suspens et les médias en sont friands. - Alors il y aura une 16e édition ? Il n'y a apparemment pas de souci pour l'an prochain. En ce qui nous concerne nous sommes très attachés à Fantastic'arts. Si la municipalité, le conseil général et régional les partenaires et les bénévoles suivent, cela devrait perdurer. Vu de ma fenêtre, la ville a changé en quinze ans d'une façon extraordinaire. Le festival a fait l'effet d'une piqûre de dynamisme. Il a joué un rôle dans l'économie et même dans le social. Je pense que beaucoup de Géromois se sont retrouvés autour du festival qui demande une longue préparation avec de nombreuses réunions. - Votre meilleur souvenir ? A l'intérieur du festival, c'est l'année ou Johnny est venu. Laurent Gerra, qui se moquait de lui dans ses sketches, était aussi présent et Johnny rêvait de lui mettre son poing sur le nez. Ils ont fini par devenir amis. - Votre plus mauvais souvenir ? La première année, le festival a failli être annulé. Il n'y avait pas d'argent, c'est Maurice Jung qui a sauvé la mise. De plus, les accusations de mauvaises organisations font toujours mal, comme lorsqu'une vedette se décommande. Cela arrive dans tous les festivals et nous n'y pouvons rien.

Pascal NAJEAN

26/01/08

Lionel Couchan, créateur délégué général du festival.
Photos Philippe BRIQUELEUR
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