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Fantastic Arts
Emily Loizeau aime la bizarrerie
GÉRARDMER. - L'horreur n'est « pas du tout » l'univers d'Emily Loizeau. « Je viens avec la timidité d'une novice », dit la chanteuse, membre du jury courts métrages au Festival de Gérardmer, « J'aime beaucoup l'absurde, la bizarrerie, ce qui dérange. Par contre, je suis assez sensible. À la moindre goutte de sang, je me cache. Ca risque d'être assez comique ! » Son monde, c'est plutôt la fantaisie et la malice, tel le concert enchanteur qu'elle a donné vendredi soir au Lido, seule au piano. « J'aime bien ce genre d'exercice. C'est une manière de se mettre en danger et de se surprendre, sans mes musiciens. C'est un défi rafraîchissant », confie Emily Loizeau. L'auteur-compositeur de « L'autre bout du monde » a interprété à Gérardmer une chanson de son prochain album. « J'ai commencé d'écrire il y a plus d'un an. En tournée, on a forcément un rythme d'écriture un peu lent. Je vais m'isoler. On va l'enregistrer pendant l'été et je pense que ça sortira en janvier 2009 », précise Emily, qui vient de terminer une longue tournée de deux ans. « Les gens ont envie d'un contact direct, c'est là que tout se passe », dit-elle. « Pour toucher les gens » Logiquement, Emily Loizeau a été sollicitée pour composer des bandes originales de films : « J'ai deux projets sur le feu et c'est très excitant. C'est quelque chose que j'avais envie de faire depuis un moment. Je pense que ça va être une belle aventure. Il faut servir un film, une œuvre, un réalisateur, c'est autre chose que d'écrire son propre album. Il y a beaucoup d'humilité à avoir, une finesse. Ca me fait un peu peur, mais je suis contente. » Souvent, en concert, elle lâche une blague sur le téléchargement : « L'idée de la culture gratuite, je trouve ça super, mais il faut aussi bouffe ! Ca nuit aux plus petits », dit-elle. « Les petits labels ont beaucoup de mal à vivre. Les groupes qui mettent leurs titres gratos sur internet peuvent se le permettre. Quand on est artiste aujourd'hui, on a un peu peur parce qu'on se demande de quoi va être fait demain. Ce qui m'angoisse, c'est qu'on devienne des musiciens du dimanche, des baladins. » « Je n'aime pas le mot artiste. Je vois ce métier comme celui d'artisan. Il y a une notion de travail, de dépassement de soi. On écrit des chansons et on les chante pour toucher les gens », dit Emily Loizeau qui a écrit une chanson titrée « Je suis jalouse ». L'est-elle ? « Évidemment, on l'est tous, non ? »
P. T. (Patrick TARDIT)
27/01/08
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