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Procès Fourniret - Proces fourniret
« Je suis pire que Dutroux »Prévu sur deux mois, le procès de l'horreur, celui de Michel Fourniret, accusé de sept meurtres, et de son épouse, débute aujourd'hui. Un grand barnum médiatique.
CHARLEVILLE-MÉZIèRES._ Ils sont quelques-uns, les vieux routiers de la profession de chroniqueur judiciaire, à se frotter les yeux. « Jamais vu un tel cirque. Pire que Dutroux ! ». Le grand barnum médiatique a posé hier son chapiteau à Charleville-Mézières. Ce matin débutera le procès, prévu sur deux mois, de Michel Fourniret, Ardennais de 65 ans. A côté de lui, Heaulme, Chanal, Guy Georges ou encore Dutroux font figure de premiers communiants.
Fourniret, c'est, entre 1987 et 2001, deux assassinats et cinq meurtres de jeunes filles, quasiment toutes violées avant : Isabelle Laville, 17 ans, dans l'Yonne, Fabienne Leroy, 20 ans, dans la Marne, Natacha Danais, 13 ans, en Loire-Atlantique, Jeanne-Marie Desramault, 22 ans, Elisabeth Brichet, 12 ans, Céline Saison, 18 ans, et Mananya Thumphong, 13 ans, toutes tuées dans les Ardennes. Monique Olivier, sa femme, est poursuivie pour complicité - c'est elle qui a souvent '' rabattu '' les victimes, qui faisait leur toilette intime avant le viol - mais également comme auteur dans l'un des dossiers. Procès à 1,9 million d'eurosLe couple se forme en 1987 alors que Fourniret purge une peine de prison pour des agressions sexuelles. Monique Olivier correspond avec lui. Leur relation épistolaire débouche sur un pacte : Fourniret s'engage à supprimer les deux premiers maris de sa future femme, en échange, elle devra lui trouver des vierges pour assouvir ses fantasmes. Le parcours criminel de Michel Fourniret prendra fin en juin 2003 quand la petite Marie, 13 ans, enlevée à Ciney, en Belgique, et ligotée à l'arrière de la camionnette blanche du serial killer, parvient à défaire ses liens et à s'échapper. Quelques minutes auparavant, Fourniret lui avait glissé : « Je suis pire que Dutroux ! ». Avec 350 journalistes accrédités, une kyrielle de cars télé et leurs immenses paraboles, 70 CRS, un box avec une vitre blindée et des débats retransmis sur des écrans géants situés dans deux autres salles dont un préfabriqué Algeco de 200 places spécialement installé pour l'occasion, ce procès défie l'entendement. Budget ? 1,9 million d'euros. La justice, qui a parfois classé un peu trop rapidement certaines disparitions de jeunes filles tuées par Fourniret, veut sans doute se rattraper. Les jurés ont un badge bleu, les journalistes un blanc, les magistrats un orange et les parties civiles un jaune. En attendant l'ouverture de l'audience (10 h ce matin), ce sont elles qui ont fait l'actualité de ce mercredi. La horde a en effet intercepté, avec moult caméras et micros, chaque famille et chaque avocat qui passait sous son micro. Interrogé pour savoir s'il allait regarder Fourniret dans les yeux, le père d'Hélène Brichet a expliqué, avec une voix d'une incroyable douceur, qu'il « faudrait déjà qu'il soit présent ». « 96,9 % de chances»Car, et c'est là la première grande inconnue de ce procès, le tueur, manipulateur à souhait et qui souhaite tirer les ficelles jusqu'au bout, a annoncé depuis de longues semaines, avec toute l'imprévisibilité qui le caractérise, qu'il y avait très précisément « 96,9 % de chances » qu'il n'assiste pas à son procès. Info ? Intox ? « Il devrait quand même être présent ce premier jour », a assuré hier l'un de ses avocats, Me Pierre Blocquaux. « Mais quand à la suite ». Hier, on prêtait à Fourniret l'intention de faire d'entrée une déclaration dans laquelle il devait détailler sa vision du système judiciaire et le rôle qu'il souhaitait donner à ses trois avocats commis d'office (dont il ne veut apparemment pas entendre parler)... « Nous n'attendons rien des accusés »« Les familles sont inquiètes », soulignait Me Gérard Chemla, l'un des avocats des parties civiles. « Elles ont peur de la confrontation, cela fait en effet des années qu'elles pensent à ce personnage. Si nous attendons des remords de la part de Fourniret ? Non, nous n'attendons rien des accusés. En revanche, nous attendons beaucoup de la justice ». « Comment peut-on imaginer que deux êtres qui ne se connaissent pas, qui se rencontrent par le biais d'une petite annonce puis de lettres, passent, avant même de se fréquenter, un tel pacte criminel ? », note Me Alain Behr, l'avocat nancéien de la famille d'Isabelle Laville, la première victime du couple. « C'est une affaire qui dépasse l'imagination dans l'horreur que peut commettre un être humain ». Eric NICOLAS enicolas@estrepublicain.fr27/03/08 |
![]() « Deux mois c'est long. J'ai hâte que cela soit terminé. Je suis ici pour ma fille », a déclaré Francis Brichet, le père d'une victime en arrivant hier à Charleville. Photo Alexandre MARCHI
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