|
Procès Fourniret - Proces fourniret
« Un gosse qui ne veut pas aller à l'école »
L'attitude de Fourniret, qui, ce vendredi, a été extrait de force de sa cellule, agace les parties civiles.
CHARLEVILLE-MÉZIÈRES._ Dans sa longue logorrhée écrite transmise jeudi au président et communiquée aux avocats, Michel Fourniret avait annoncé son intention de boycotter son procès. Vendredi, en fin d'audience, il a expliqué au président Latapie qu'il allait réfléchir durant le week-end. Ces revirements ont le don d'agacer les parties civiles. « Vendredi, son refus de sortir de la cellule tenait de l'enfantillage», explique ainsi Me Gérard Chemla, l'un des avocats. « Comme un gosse qui ne veut pas aller à l'école et qui prétexte un mal de ventre. En fait, il a la volonté de fuir son propre reflet. Ces forfanteries m'inquiètent davantage dans la perception que l'on va avoir de sa femme. Plus Fourniret sera théâtral, plus Monique Olivier sera perçue comme un objet, soumise ». La peine maximale Et ce alors que son rôle doit demeurer essentiel. Mais je reste persuadé qu'il va quand même participer à ce procès. On l'a vu lors des reconstitutions : il nous a indiqué où se trouvaient les corps. Il a joué avec nous et je suis persuadé que cette manière de faire va continuer ». C'est les yeux fermés et les bras croisés que Michel Fourniret a écouté avant-hier les greffières lire la fin de la copieuse ordonnance de mise en accusation. Le meurtrier s'est notamment vu rappeler les circonstances de l'assassinat en Belgique de Mananya Thumpong, le seul crime, sur la kyrielle qui lui est reproché, qui pourrait lui valoir la peine maximale : la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté définitive. Mananya a été enlevée le 5 mai 2001 à Sedan. C'est le dernier meurtre de Fourniret. Le tueur, qui a repéré l'adolescente quelques jours plus tôt,réussit à la faire monter dans son véhicule, un C25, alors que la jeune fille sort de la médiathèque. Une fois en Belgique, le serial killer va violer la jeune fille à l'arrière de la camionette puis l'étrangler. En rentrant à son domicile, Fourniret lâche à sa femme qu'il a « obtenu satisfaction... ». Le corps sera découvert le 1er mars, dans une sapinière de Nollevaux, en Belgique. A partir de demain, la cour va étudier les premiers dossiers dans le détail. L'enlèvement raté, en juin 2003, de la petite Marie, 13 ans, (lundi et mardi), puis le viol et le meurtre d'Isabelle Laville, 17 ans, en décembre 1987, dans l'Yonne. Et Fourniret sera présent. De gré ou de force... enicolas@estrepublicain.fr
Eric NICOLAS
30/03/08
|