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Procès Fourniret - Proces fourniret

Soumise à la question

Monique Olivier a passé un sale quart d'heure face au président, aux avocats des parties civiles et à l'avocat général.

CHARLEVILLE-MEZIERES.- Veste grise sur corsage blanc et pull rose, cheveux blanc qui lui donnent plus que son âge, Monique Olivier, 60 ans, se lève à la demande du président. Il demande : « Que s'est-il passé le 4 août 1988 ? »
« J'ai honte », répond l'accusée en racontant comment Michel Fourniret s'est arrêté ce jour-là sur le parking d'un supermarché de Châlons, a demandé l'adresse d'un médecin à une jeune fille. Le président lui arrache les réponses, une à une. « J'ai angoissé, j'étais enceinte de huit mois... Je n'étais pas fière de moi... Il m'a demandé de prendre une arme et de la pointer sur la fille... Il m'a demandé de vérifier sa virginité, mais je ne l'ai pas fait... Il m'a demandé de partir quand il l'a violée... J'ai entendu une détonation mais je n'ai rien vu... je n'ai pas posé de questions à Fourniret... »
Le président lui demande encore si elle a un souvenir de l'attitude de Fabienne ? Après un long silence l'accusée répond « dans mon souvenir, elle était calme. » Le président insiste. « Je ne me souviens pas. » Il demande encore : « Combien de temps cela a duré ? » Monique Olivier « ne sait pas ».
Autres questions du président : qui a donné de l'alcool à la victime ? Qui l'a piquée aux bras ? Qui lui a mis les entraves ? Monique Olivier tremble, répond « je ne sais pas... il m'a obligée... ».
Me Chemla prend le relais. « Combien de temps tout cela a-t-il duré ? Et Fabienne, elle ne dit rien ? Pourquoi Fabienne, pourquoi elle ? »

« Parlez c'est le moment ! »


« Je ne sais pas », répond péniblement l'accusée. « Parlez, c'est le moment ! », tonne l'avocat. « Et le sac avec le coton, l'éther, les cordelettes ? Vous êtes dans la voiture et vous ne voyez rien ? Qui la déshabille ? » Monique Olivier bafouille quelques mots inaudibles. « Vous essayez de jouer avec le silence de votre mari » lance l'avocat. « Vous êtes les mêmes. »
Me Beyer-Buchwalter, autre avocate de la famille Leroy s'adresse à Monique Olivier d'une voix forte : « Quittez cette salle d'audience propre. De grâce, dites-nous ce qui s'est passé. Vous n'avez rien vu ? La victime n'a pas dit un seul mot, j'ai peur ou j'ai froid ? Vous avez un bébé ? Votre silence est éloquent. »
Me Moser prend la suite : « A quel moment avez-vous compris les intentions de Michel Fourniret ? » Monique Olivier bredouille : « Je m'en suis expliquée ce matin ». Me Moser en colère : « Eh, bien ! répétez-le ! Pourquoi n'avez-vous rien fait pour empêcher Fabienne de monter dans votre véhicule ? »
L'avocat de Mulhouse rappelle que le 8 août 1988 un jeune homme a été mis en examen et jeté en prison durant plusieurs mois dans cette affaire. « Je l'ignorais », explique l'accusée.
L'avocat général Francis Nachbar pose à son tour une série de questions restées sans réponse. « Vous n'avez pas compris que c'est l'heure de la vérité, dit-il. Vous êtes devant vos juges, devant les familles, ce sont des moments terribles. Parlez. »

M. G. (Marcel GAY)

8/04/08

Pour Monique Olivier, « c'est l'heure de la vérité », face aux parties civiles et à l'avocat général.
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