|
|
|
Procès Fourniret - Justice
Quel rôle a joué Monique Olivier ?Si c'est elle qui a posé le bâillon sur la bouche de Jeanne-Marie Desramault, morte en 1989, elle est coupable du meurtre.
CHARLEVILLE-MÉZIERES- La dixième journée d'audience du procès de Michel Fourniret et de Monique Olivier aux assises des Ardennes a été consacrée, hier, à l'examen de la suite de l'affaire Jeanne-Marie Desramault. Cette jeune fille de 22 ans, originaire de Béthune, étudiante à Charleville a été enlevée et étranglée par le couple le 18 mars 1989. Mais Monique Olivier « ne se souvient plus très bien», les choses sont floues dans sa mémoire. A moins qu'elle ne mente, qui sait?
Me Seban s'adresse à Fourniret, lui demande des explications sur le déroulement de la scène. L'accusé adopte l'attitude qui est la sienne depuis quelques jours: bras croisés, regard fixe, il refuse de répondre. Ou bien, lorsqu'il parle, c'est pour dire «il suffit de dire un mot et je deviens un moulin à paroles.» Ce mot, c'est le huis clos qu'il réclame depuis le début. La cour veut savoir notamment qui a mis le bâillon que l'on retrouvera très bien plaqué sur le visage de la victime, même 15 ans plus tard, lorsque le corps de la jeune fille sera découvert en juillet 2003 au château du Sautou. Monique Olivier «ne se souvient pas». Fourniret a expliqué pendant l'instruction que c'est Monique Olivier qui lui a passé l'elastoplast. Me Seban constate cette contradiction. «Il a sa version, j'ai la mienne» répond l'accusée. «J'aimerais bien qu'il parle, ce serait plus clair qu'avec moi.» Fourniret reste muet ce qui lui vaut cette réplique de Me Seban: «vous êtes définitivement un lâche.» L'avocat général Francis Nachbar poursuit: «y a-t-il encore ce contrat entre vous: il vous protège, vous ne l'accablez pas?» Monique Olivier répond par la négative. « Deux épaves »Un peu plus tard, Francis Nachbar s'adresse à l'accusé car il veut savoir pourquoi, lors de la reconstitution du crime, il a dit à propos de Monique Olivier: «C'est une super-ordure, elle va en prendre plein la poire?» Sans dire un mot, Fourniret écarte les bras. L'avocat général lit ensuite l'une de ses dépositions: «Nous étions deux épaves qui se sont rencontrées pour former un radeau qui tentait de ne pas prendre l'eau...» Fourniret aura alors un geste incompréhensible: les bras écartés, il imite le vol de l'oiseau. Ce qui provoque la colère de Me Seban: « On ne peut pas tolérer cette attitude. Vous la tuez (Jeanne-Marie Desramault -NDLR) une deuxième fois devant sa famille. Ce n'est pas digne, j'éprouve du dégoût.» Le président Gilles Latapie revient sur le bâillon et le rôle de Monique Olivier. Me Richard Delgenes, vient au secours de sa cliente. D'une voix solennelle il explique: « Elle participe au procès. Elle répond aux questions. Mais on voudrait lui donner un rôle qui n'est pas le sien. Elle ne peut pas répondre à la place de Fourniret.» Puis, se tournant vers la cour: « Si elle a posé le bâillon, elle est coupable de la mort de Jeanne-Marie. C'est essentiel. Il faut savoir. Je ne sais pas si je dois remettre le sort de Monique Olivier entre vos mains. Fourniret, voulez-vous nous aider?» Michel Fourniret se mure dans le silence. Compte rendu d'audience Marcel GAY11/04/08 |
![]() Monique Olivier sur la sellette. Photo Alexandre MARCHI
|
| © L'Est Républicain - 2007 - ISSN 1760-4958 | Contacter le webmaster |