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Procès Fourniret - Proces fourniret
« L'incurie de la justice »...C'est l'affirmation de la mère d'Elisabeth Brichet, la seule victime belge de Fourniret. L'accusé reconnaît le meurtre, puis se tait.
CHARLEVILLE-MÉZIÈRES. - Michel Fourniret a reconnu, mais sans en dire plus, hier devant les assises des Ardennes le meurtre d'Elisabeth Brichet, une adolescente belge de 12 ans disparue en 1989, dont la mère est venue à la barre dénoncer «l'incurie» des justices belge et française.
En début d'audience, l'accusé a reconnu l'enlèvement et le meurtre de l'adolescente. Il a néanmoins contesté la tentative de viol, comme il l'avait fait lors de l'instruction en revenant sur ses premiers aveux. Dans ce dossier, son épouse Monique Olivier, qui a également reconnu les faits, est renvoyée pour complicité. Comme d'autres confrères avant lui depuis le début du procès, l'avocat du père d'Elisabeth a tenté d'amorcer un dialogue avec l'accusé, sans résultat. A Me Paul Lombard, qui lui demandait de «tracer un portrait» de la jeune fille, Fourniret a répondu, après une brève hésitation, en réitérant son exigence de huis clos. La plus jeune victimeL'adolescente belge, la plus jeune des sept victimes que Michel Fourniret est accusé d'avoir violé ou tenté de violer puis tué, avait été enlevée le 20 décembre 1989 dans la banlieue de Namur (Belgique). Elle rentrait chez elle à pied après avoir passé l'après-midi chez une amie. Selon l'accusation, Michel Fourniret l'aurait abordée et convaincu de monter dans son véhicule au prétexte de la recherche d'un médecin. Il aurait tenté une première fois de la violer à son domicile à Floing (Ardennes) où se trouvait son épouse. Le lendemain, il l'aurait transportée dans le coffre de sa voiture avec Monique Olivier jusqu'au château du Sautou à Donchery, l'ancienne propriété du couple, où il aurait une nouvelle fois essayé de la violer. Il l'aurait ensuite étranglée après avoir tenté de l'étouffer avec un sac plastique. Son corps n'avait été découvert qu'en juillet 2004 lors de fouilles effectuées dans le parc du domaine du Sautou sur les indications de Fourniret. Les parents de l'adolescente, divorcés depuis 1982, sont venus évoquer à la barre le souvenir de leur fille. A cette occasion Marie-Noëlle Bouzet, la mère d'Elisabeth, s'en est pris à la justice en Belgique et en France, qui «n'a que faire du viol et des tortures, sauf en temps de guerre». «L'inconscience et l'incurie de la justice t'ont assassinée», a-t-elle déclaré, en s'adressant à sa fille disparue. « L'antre du minotaure »Mme Bouzet avait été en octobre 1996 l'une des organisatrices de la Marche blanche en mémoire des enfants disparus qui avait rassemblé plus de 300.000 personnes dans les rues de Bruxelles, dans la foulée de la découverte des crimes du pédophile belge Marc Dutroux. Un peu avant, Francis Brichet, le père de l'adolescente, ancien professeur de dessin aux Beaux-Arts de Bruxelles, avait lu un long poème écrit en hommage à sa fille, où il comparait le château du Sautou à «l'antre du minotaure, monstre mythologique qui se faisait offrir de jeunes vierges». «Hélas, certaines légendes deviennent réalité», a-t-il ajouté sans un regard pour les accusés. Le meurtre d'Elisabeth Brichet est le seul qui concerne une victime belge. En juin 2005, un accord entre les justices belge et française avait permis que les sept dossiers actuellement jugés soient regroupés en France pour un procès unique «franco-belge» à Charleville-Mézières. En début d'après-midi, le président de la cour a suspendu l'audience à la suite du malaise, sans lien avec le procès, d'un de ses deux assesseurs, survenu vers 12h. Les débats doivent reprendre aujourd'hui à 9h. 15/04/08 |
![]() Le frère et la mère d'Elisabeth Brichet quittant le tribunal de Charlevile-Mézières. La petite victime avait été enlevée en décembre 1989. Photo AFP
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