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Immobilier en Lorraine - Immobilier
La baisse se confirmeAprès avoir évoqué « un ralentissement de la hausse », les professionnels de l'immobilier reconnaissent une réelle baisse des prix. Pour l'instant limitée.
NANCY.- Le secteur immobilier lorrain est-il entré en crise ? Les données statistiques manquent pour l'affirmer, dans la mesure où les seuls chiffres officiels disponibles datent de 2006 et 2007, années au cours desquelles tout allait pour le mieux. Il faut donc se fier aujourd'hui au sentiment des différents acteurs du marché : notaires, agents immobiliers, investisseurs. Ceux-ci ne cachent pas leur pessimisme, surtout lorsqu'ils ont la garantie de ne pas voir leur nom cité.
Les propos négatifs ne font qu'alimenter le marasme et rares ceux qui veulent passer pour des oiseaux de mauvaise augure ! Tel notaire nancéien déclare pourtant tout de go : « Plus rien ne se vend. C'est la galère. Le coup de frein est brutal ». Un agent immobilier messin reconnaît : « Les prix commencent à descendre et ce n'est peut-être que le début. Il va falloir s'y faire... » Banques timoréesPlus courageux, certains autres n'hésitent pas à analyser le début de l'année 2008 à visage découvert. C'est le cas de Hugues Devaux, agent immobilier FNAIM à Nancy, lequel pointe « un allongement de la durée des ventes dès 2007 ». Selon lui, il faut désdésormais plusieurs mois pour finaliser une vente qu'il était auparavant possible de réaliser en un mois. « C'est la première phase des difficultés. Maintenant, nous assistons à une amorce de baisse des prix et, aussi, à des renoncements de vendre ». Son explication ? « Les banques sont devenues timorées en ce qui concerne les prêts relais. Avant, elles finançaient 80% de la valeur d'un bien. Aujourd'hui, c'est 60%, avec des conditions sévères. Beaucoup de projets n'aboutissent pas. Les prix sont montés haut. Les revenus ont stagné. Les taux d'intérêt ont remonté. Voilà pourquoi le marché se retourne ». Malgré tout, selon Hugues Devaux, les plus beaux produits, les plus chers, trouvent encore preneurs. Tout comme, en bas de l'échelle, les appartements ou les pavillons à moins de 120.000 euros. En revanche, le gros du marché, à partir de 200.000 et au delà, est entré en léthargie. C'est l'immobilier ancien sans caractère, ces immeubles des années 50 et 60, avec de lourdes charges, qui prend la plus grosse claque. « Avec une baisse des prix d'au moins 5% », confie l'agent immobilier. Difficultés aussi en périphérie : l'éloignement fait peur en raison du coût du carburant. Craintes sur le neufFaut-il craindre l'éclatement d'une « bulle » immobilière ? Selon Hugues Devaux, « la situation française n'est pas comparable à celles de l'Espagne et des Etats-Unis car les Français ne souffrent pas du même endettement ». En revanche, ce professionnel avisé, qui fut président de la FNAIM, nourrit de grosses craintes pour le marché du neuf. « De grands opérateurs sont en train de se retirer du marché de la promotion aux particuliers », déclare-t-il. La plupart des agents immobiliers le reconnaissent : les prix ne pouvaient plus monter, après une hausse de 50% en 10 ans. A Nancy, les transactions s'opèrent encore dans une fourchette allant de 1.500 à 2.000 euros le mètre carré. Dans la Meuse et les Vosges, c'est plus bas. Thierry Bonhommeau, patron de l'agence ORPI Marchal à Bar-le-Duc évoque des prix de 1.200 à 1.300 euros dans l'ancien, jusqu'à 1.800 pour les plus beaux produits, 2.000 à 2.200 dans le neuf. Selon lui, « il n'y a pas de crise dans la Meuse mais le marché est plus dur, avec des délais de vente plus longs ». Cette nouvelle donne comporte au moins un aspect positif : « Il est plus facile de faitre admettre aux propriétaires vendeurs la vraie valeur de leur bien ». lbassand@estrepublicain.fr Ludovic BASSAND19/08/08 |
![]() Hugues Devaux : « Le marché se retourne ».
Il faut désormais plusieurs mois pour finaliser une vente.
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