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Livre sur la place - Édition
Artisans lorrains du livreLe Mort-Qui-Trompe, Hermaphrodite et La Dragonne sont au Livre sur La Place. Du cœur à l'ouvrage et de l'audace à revendre.
Sur le stand des invités de Lire à Nancy, les livres estampillés Hermaphrodite attirent l'œil. Quelques passants d'un autre temps osent un sourire gêné. Liberté de ton, goût prononcé pour les univers loufoques, Philippe Krebs et William Guyot explorent sans vergogne « les mondes souterrains de la littérature ». Leur dernière publication propulse les lecteurs dans un imaginaire débridé. « Quand les extraterrestres débarquèrent » de Guéric Pervès est la vision amusée d'un monde sans solidité : « Quand les extraterrestres débarquèrent, ils rasèrent nos villes. On y vit déjà plus clair. »
84 aphorismes « extraterriens » à découvrir avant la prochaine sortie : « Make Up Artist » d'Alex Porker. Le livre et son publicHistoire d'assurer la pérennité de son activité éditoriale tout en gardant sa liberté de ton, Hermaphrodite a mis en commun ses moyens humains et matériels avec deux autres revues (La Maison Close et Le Mort-Qui-Trompe). L'association Cartel permet aux maisons d'édition en question de mieux lutter contre les difficultés économiques, comme le soulignent Axelle Felgine et Valérian Lallement, les fondateurs du Mort-Qui-Trompe : « En créant notre association nous souhaitions nous donner les moyens de continuer à produire sans sacrifier la dimension artistique aux impératifs commerciaux. » Mission accomplie. La dernière publication du Mort-Qui-Trompe « Le terminal des Anges » de Sarah Vajda, a été livrée jeudi midi : « Nous publions peu, entre deux à cinq titres par an. Notre ligne éditoriale n'est pas figée, nous nous laissons surprendre. Le Terminal des Anges est à la fois un mélodrame et une tragédie, une improbable histoire d'amour » explique Axelle Felgine. L'intrigue est surprenante, terrible. Magda Goebbels qui « suicida » ses six enfants en avril 1945, s'éprit, durant sa jeunesse, de Haïm Arlosoroff, l'un des fondateurs du futur Etat d'Israël. Le livre fraîchement imprimé trône sur le stand. Dès qu'un passant s'approche, les éditeurs engagent la conversation : « Les salons littéraires nous permettent d'aller à la rencontre de notre public. A défaut d'être très présents en librairie, nous pratiquons le nomadisme littéraire. » Ils traversent la France de salon en salon. Olivier Brun, fondateur de La Dragonne, partage cette vision des choses : « L'aventure est humaine avant d'être littéraire. J'édite pour partager le plaisir de lire. » Professeur d'édition, il s'entoure de quelques élèves et se rend sur une vingtaine de salons par an. Un lien de proximité avec les lecteurs, l'envie de faire découvrir ou redécouvrir une littérature qui sait prendre son temps. La production de La Dragonne est volontairement modeste et de jeunes voix côtoient des talents confirmés (Philippe Claudel, Bernard Noël, Benoît Fourchard). Face aux diffuseurs professionnels, Hermaphrodite, Le Mort-Qui-Trompe et La Dragonne ne pèsent pas lourd. C'est un choix. Ils considèrent l'édition comme un artisanat et revendiquent le qualificatif « amateurs» car ils mettent du cœur à l'ouvrage. Magalie DELLE-VEDOVE21/09/08 |
![]() William Guyot, l'écrivain Guéric Pervès, Caroline Mourot et Philippe Krebs pour les éditions Hermaphrodite.
Bernard Andrieu auteur de « Mutations Sensorielles », Frédéric Paulien et Axelle Felgine de la maison d'édition Le Mort Qui Trompe.
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