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Nancy Jazz Pulsations - Pop-rock
Cap sur l'OstraInstant des madones, ce jeudi, sur les berges du boulevard d'Austrasie avec Jesse Sykes et Laetitia Shériff.
Folk, rock, pop ? Laetitia Shériff l'est tout à la fois. De quoi donner à ses musiques des couleurs originales et faire souffler de multiples ambiances.
Basse sur la hanche, bouche collée au micro, elle impose un chant, lui aussi particulier, tant sa voix s'imprime dans l'oreille sans se perdre dans d'inutiles prouesses. Tout est dans le phrasé, le ton, l'ampleur et cette dominante enthousiaste dans laquelle la juvénilité le dispute à une indéniable force. Autour d'une incontestable personnalité de la scène française officie un batteur et un guitariste dont les gammes varient et résonnent à travers la nuit. Sur une telle combinaison, essentielle, cette Laetitia-là saupoudre des notes tirées des deux claviers installés devant elle, l'un pour le piano, l'autre pour l'orgue. De quoi introduire des respirations « planantes » entre des envolées électriques. On ne s'éloigne pas obligatoirement des dominantes de la ballade mais ce trio a su les muscler, les emmener sans trop de questions vers d'autres horizons, séducteurs. Hérité d'un autre mondeUne machine complète ce bel effet avec ses zébrures douloureuses, ses gimmicks aux allures de déchirure, une touche de mystère. L'Ostra, nouveau lieu des nuits nancéiennes, convient à souhait pour ce genre de concert avec ses allures de club. Cosy juste ce qu'il faut, la salle partagée entre des dominantes noires et rouges, ses miroirs, a un agencement suffisamment bizarre avec ses décrochages, sur les côtés et à l'arrière du bar pour vivre sous des angles différents, de façon particulière, des soirées comme celle-là. Le défunt Terminal Export a trouvé un successeur. Jesse Sykes, elle aussi, a fait souffler le chaud et le froid, mélangeant les registres autour de sa country de référence. Incontestablement une voix celle-là aussi qui tire, par instant, vers une expression de gorge où semble survivre une lointaine parenté avec Janis Joplin. Au sein de son groupe, The Sweet Hereafter, le guitariste, hérité d'un autre monde joue fort - trop ? - même quand la tendance revient vers l'art désormais prisé du songwritting. Les mélodies, dont le registre va du nerveux, de la pop toujours mais sérieusement amplifiée, à des dominantes calmes, rendent le set multiple. On passe de références comme Neil Young, à de vieux relents de Greatfull Dead.Un registre, au final, plutôt large. Jean-Paul GERMONVILLE16/10/08 |
![]() Laetitia Shériff : des ballades délicieusement « musclées ». Photo DR
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