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Nancy Université
Le LAE enraciné dans les biotechnologiesLe responsable du Laboratoire Agronomie Environnement s'est fait un nom grâce à ses « plantes à traire » ou comment extraire les substances actives par les racines.
Si on se prosterne volontiers devant le concept d'innovation, les idées nouvelles suscitent souvent de la réprobation, rarement de la dévotion. « Faire sortir des molécules par les racines, personne n'y avait pensé », s'amuse Frédéric Bourgaud le sait bien. Quand ce chercheur responsable du Laboratoire agronomie environnement, une unité mixte de recherche INRA-INPL installée dans les locaux de l'Ensaia, a eu cette idée, il s'est bien gardé de l'ébruiter même s'il était déjà convaincu de l'intérêt de ses recherches et de leur énorme potentiel. Il a donc mené ses premiers tests discrètement. Même quand ceux-ci se sont avérés concluants, on lui a conseillé de les répéter des milliers de fois avant de « publier ».
Edelweiss« Un tiers des médicaments contiennent des substances d'origine végétale. Or, ce sont les parties aériennes des végétaux, moins riches, que l'on exploite traditionnellement ». Son procédé (efficace chez 19 des 20 espèces testées) consiste à cultiver les plantes en hydroponie (milieu aquatique), les racines immergées dans une eau enrichie en minéraux. Et de les soumettre à des stress, à l'aide de solvants par exemple, afin d'augmenter « l'excrétion de composés bio actifs racinaires ». Reste ensuite à séparer et concentrer les molécules pour l'industrie pharmaceutique ou cosmétique. Performante en terme de rentabilité, l'opération est en plus respectueuse de l'environnement puisqu'elle n'endommage pas la plante. « Il faut abattre un if pour récupérer seulement 30 à 300 mg de taxol », rappelle Frédéric Bourgaud qui se targue, lui, de pouvoir exploiter même les espèces protégées comme l'edelweiss. PATAujourd'hui, le chercheur consacre 40 % de son temps disponible à l'enseignement, 40 % à la recherche et 20 % à PAT. Plant advanced technologies, c'est le nom de cette PME qu'il a fondée en 2005 et qui reverse des royalties à son labo (le brevet a été déposé en 1999). PAT emploie 4 salariés, dont trois fondateurs associés. L'année de sa création, la start-up a obtenu le premier prix du ministère de la Recherche pour la création d'entreprise innovante tandis que l'Usine nouvelle la désignait comme l'une des 110 sociétés à suivre. Entre la première expérience en laboratoire et la naissance de la société, dix ans se sont écoulés. Et encore, les affaires n'ont vraiment décollé qu'après un passage par la petite lucarne. « Après être passé au ''20 heures'', j'ai reçu des tas de coups de fils. Y compris de ceux qui n'avaient pas voulu me prendre au téléphone quinze jours avant ». Laboratoire Agronomie Environnement s'intéresse également au problème de l'agriculture durable en mettant au point des indicateurs agri-environnementaux. Il est donc en mesure de mesurer l'impact environnemental des pratiques agricoles. Saïd LABIDI17/10/07 |
Frédéric Bourgaud : « Après être passé au ''20 heures'', j'ai reçu des tas de coups de fils. Y compris de ceux qui n'avaient pas voulu me prendre au téléphone quinze jours avant ».
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