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Nancy Université
Dans le secret des matériauxLe laboratoire de physique des matériaux de la faculté des Sciences prépare les ordinateurs de demain, mais se projette aussi dans l'espace.
L'intérieur de la tour ronde de la fac des Sciences est creux. Michel Vergnat, directeur du laboratoire de physique des matériaux, avec sa barbe de moine de la connaissance... fondamentale et sa parole presque chuchotée ajoute à cette ambiance de cloître.
Il est à la tête d'une unité studieuse de cent personnes. Un quart de thésards, un quart de techniciens, et une moitié de chercheurs. Parmi ces derniers, beaucoup de professeurs, dix qui viennent du CNRS, une des trois tutelles du labo, quarante répartis presque par moitié entre la fac des sciences et l'école des Mines. Les deux autres tutelles sont logiquement l'Université Henri-Poincaré et l'INPL. Michel Vergnat est lui-même issu de l'école des Mines, laquelle est l'un des deux sites avec la fac des sciences à héberger les équipes de recherche. C'est ce qui lui permet de voir d'un oeil très favorable l'actuel regroupement au sein de Nancy-Université, d'autant plus qu'à son échelle, il en prépare un autre. « Le 1er janvier 2009, nous nous réunissons avec quatre autres laboratoires pour créer sur le futur campus Artem, caserne Molitor, l'Institut Jean-Lamour ». Qu'y fera-t-on ? « Les mots clés sont matériaux, métallurgie, nanosciences, plasma, surfaces ». En attendant, le labo se consacre à sa mission, le matériau sous toutes ses coutures, sa structure, ses propriétés... Médaille du CNRSOn le décline par équipe : une première sur le magnétisme, comme cette machine à couches minces MPGA, pouvant servir de mémoire dans les capteurs, par exemple pour l'industrie automobile (accéléromètre). Une deuxième sur la recherche de nouveaux matériaux à propriétés magnétiques, grâce aux propriétés du synchrotron et de la diffraction de neutrons. Une autre sur les surfaces, explorées par la spectroscopie à haute résolution pour en discerner les propriétés. Une quatrième pour créer de la luminescence sur les matériaux à base de silicium, lesquels sont les composants de base des puces. « Si la lumière peut remplacer les faibles courants électriques créateurs d'effets Joule, donc d'échauffements, il n'y aura plus besoin de refroidir nos ordinateurs ! » Cela s'appelle l'optoélectronique. Il y a encore des équipes qui font de la physique statistique, d'autres qui explorent les propriétés thermoélectriques de certains éléments capables comme les frigos de capter la chaleur ici et de la refroidir là. « Nous avons des contrats avec la NASA et le CNES pour embarquer de tels modules dans l'espace, en vue d'expériences en apesanteur, où la température doit rester neutre ». On le voit, le labo, dont les équipes sont réparties entre Vandoeuvre et Saurupt (où on étudie les propriétés mécaniques des matériaux, qui intéressent vivement Arcelor, EDF mais aussi Baccarat) a une excellente réputation, sanctionnée en juin par la médaille de bronze du CNRS décernée au professeur Coriolan Tiusan. Guillaume MAZEAUD17/10/07 |
Michel Vergnat, le directeur du laboratoire est issu de la filière école d'ingénieurs. Il prépare la naissance de l'Institut Jean-Lamour.
Photos Serge LALISSE
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