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Rapport Attali
Sarkozy répond « banco »Le chef de l'Etat s'est dit prêt à reprendre «l'essentiel» des propositions. Sauf trois.
Décidé à « aller chercher le point de croissance » qui manque à la France, Nicolas Sarkozy a accueilli favorablement les mesures avancées par la commission Attali. Recevant le rapport, hier matin à l'Elysée, il a assuré : « J'adhère à l'essentiel de vos conclusions. » « Si certains ont été effrayés par le contenu de vos propositions, moi je les trouve plutôt raisonnables », a-t-il ajouté. Et d'annoncer qu'un séminaire gouvernemental se réunirait début février pour décider des mesures prioritaires à retenir. Le président de la République a toutefois émis des réserves sur certaines des réformes envisagées. A commencer par la suppression du département dans les dix ans. « Je ne crois pas que les Français sont prêts à renoncer à la légitimité historique d'un département », a-t-il estimé. D'autant que sa suppression éventuelle n'a aucune chance de passer au Sénat où se trouvent de nombreux sénateurs-présidents de conseils généraux. Même prudence sur le regroupement des communes : « Vu technocratiquement, c'est vrai. Mais vu la qualité de la vie, l'enracinement de la démocratie, les réseaux de solidarité, c'est moins exact. » Nicolas Sarkozy a également exprimé son désaccord sur la réécriture du « principe de précaution » inscrit dans la Constitution par Jacques Chirac. « C'est un principe d'action et d'expertise pour réduire l'incertitude », a-t-il affirmé, récusant l'idée qu'il paralyse l'action. Quant à la réforme des professions réglementées, il en approuve certaines, comme les taxis, mais s'interroge pour d'autres. « Il y a une véritable mission de service public des pharmacies », a-t-il déclaré. Pour reconnaître que ce chantier est difficile, car « il touche à des situations individuelles et a des intérêts légitimes qui ne peuvent être ignorés pour des raisons d'équité ». « Il sera ouvert en prenant le temps de la concertation », a-t-il précisé. Prendre le pouls des parlementaires UMP suffit à justifier cette prudence. Beaucoup se sont indignés d'annonces précipitées qui risquaient de braquer une part non-négligeable de leur électorat à la veille des municipales. Le Parlement sera « associé », a d'ailleurs assuré le chef de l'Etat, donnant ainsi satisfaction à une demande pressante de la majorité. Au risque d'enterrer certaines propositions ? Jacques Attali ne veut voir que le verre quasi-plein et la promesse de Nicolas Sarkozy qu'il ne serait pas déçu.
C. D. (Chantal DIDIER)24/01/08 |
Nicolas Sarkozy veut prendre le temps de la concertation.
Photo AFP
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