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Rapports

Le rapport intégral de l'Observatoire sur la délinquance département par département

Président de l'Observatoire de la délinquance, le criminologue Alain Bauer évoque les nouveaux indicateurs et défend la culture du résultat.

Téléchargez le rapport intégral de l'Observatoire sur la délinquance département par département

- En tant que président de l'OND, vous ne publiez pas des statistiques globales mais vous mettez l'accent sur trois
indicateurs. Expliquez-vous
.

- Les statistiques globales ne veulent rien dire du tout. On préfère regrouper les infractions selon leur nature et former
des indicateurs relatifs aux principaux phénomènes de délinquance. A savoir les atteintes aux biens, les atteintes volontaires à l'intégrité physique, les escroqueries et infractions économiques et financières. Les deux premiers sont à la baisse,
le troisième à la hausse dont l'escroquerie sur internet. La baisse concernant la violence aux personnes est historique,
c'est la première fois. Mais il faut distinguer les violences crapuleuses (pour s'approprier un bien), qui diminuent, des violences non crapuleuses qui augmentent.

- Pourquoi?

- La violence apparaît comme un élément de régulation, c'est un problème de société.

- Lié au trafic de drogue?

- Pas seulement. C'est global.

- A l'OND, vous avez lancé depuis deux ans les enquêtes de victimation.Se substitueront-elles au bilan statistique?

- Statistiques et enquêtes de victimation ne s'opposent pas, elles se complètent. L'enquête de victimation permet de prendre en compte ce qui a été subi et pas déclaré, comme les violences infraconjugales, très majoritairement tues.

- Le taux d'élucidation est-il encore un critère pertinent? Il y a des dossiers plus faciles à élucider que d'autres ...

- Contrairement à ce qui est dit ici ou là, ce n'est pas seulement pour mesurer le fonctionnement de la police. Le taux d'élucidation s'améliore dans tous les secteurs, affaires simples ou complexes, notamment dans les dossiers de violences
physiques. Depuis le 1er janvier, on ne parle plus d'un taux global, mais on s'appuie sur trois critères: identification des auteurs, interpellation, déferrement.
 

Culture du résultat


- C'est ce qu'on appelle la culture du résultat ?

- La culture du résultat, c'est la transparence, pas un indicateur, mais un cumul d'indicateurs de sens.Elle ne doit pas servir à bonifier les salaires ni à faire convoquer les fonctionnaires pour se faire engueuler.Ce qui serait étonnant, c'est qu'un service public financé par l'impôt n'ait pas obligation de souscrire à la culture du résultat.

- Comment appréciez-vous le retour de la police de proximité?

- Ce n'est pas un retour. Elle est morte bien avant Sarkozy en raison d'une confusion dans ses missions et implantations.
La sécurité publique, c'est le parent pauvre de la police et on lui fait tout faire, des gardes, des transports de détenus, ce n'est pas son travail.J'avais préconisé dans un groupe de travail de mettre en place une nouvelle sécurité publique, plus spécialisée dans ses missions. C'est ce qui est en train de se mettre en place.

Philippe Rivet

17/01/08

Alain Bauer
AFP
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