La surprise est venue de Gray. L'exemple à lui tout seul du recul de la droite. En raflant le canton de Michel Debray, suppléant UMP d'Alain Joyandet à l'Assemblée nationale, Claudy Chauvelot-Duban (54,09%) confirme une tendance. Celle que la candidate PS aux cantonales avait initiée une semaine auparavant, manquant, à 58 voix près, de prendre la mairie de Gray à l'UMP Michel Alliot. Le chef de file de l'opposition départementale, Alain Chrétien, y perçoit la «répercussion locale d'un vote sanctionnational». Cette dynamique anti-majorité gouvernementale s'est également traduite dans le canton de Vitrey-sur-Mance que la droite, pourtant bien implantée, a repris d'extrême justesse (55 voix séparant l'UMP Serge Deroy de la DVG Catherine Dutruch). Un canton où la droite, justement, partait divisée. Le dissident appelant même à voter à gauche pour le second tour ! Une droite divisée, donc, un autre de ses handicaps. Qui lui a notamment coûté Pesmes où la gauche, persuadée de n'y rien faire, escomptait présenter un Verts avant d'envoyer une candidate PS qui, pointant en 4e position (17,10 %) au 1er tour, aurait pu se maintenir pour le second. Il en fut autrement, laissant la voie à une triangulaire où s'affrontaient l'UMP désigné, André Gauthier, le dissident Maxime Pettigny et Jean-Claude Gay (MoDem), qui s'impose (41,98%) en bénéficiant des voix de gauche. Evoquant une campagne « odieuse » de l'UMP à son encontre, et tandis qu'Alain Chrétien cherchait à savoir où il se positionnerait, l'élu MoDem a rapidement tranché : ce sera dans la majorité. Qui prend un canton que jamais, même dans ses meilleures projections, elle n'aurait imaginé ravir à la droite. Contrairement à Saint-Loup-sur-Semouse où la droite, divisée une nouvelle fois, rend un canton 104 ans à gauche qu'elle lui avait pourtant pris en 2001 contre toute attente. Nadine Bathelot (DVG) s'imposant largement face à la députée suppléante UMP de Michel Raison, Laurence Poinsot. « La division, le vote sanction plus un canton historiquement à gauche, on ne pouvait pas faire de miracle » , analyse le patron du groupe UMP au conseil général, Alain Chrétien. D'autant plus que le dissident UMP Claude Grosjean, conseiller général sortant, amer de n'avoir pas obtenu l'investiture de son parti, avait appelé à « sanctionner » la candidate UMP pour le second tour. Un soutien à la gauche sans le dire... Bref dans ce climat, la majorité de gauche sort grandie de trois sièges. Il y a dix ans, la gauche dénombrait 16 sièges, 18 en 2003. Elle en comptait 22 avant le 9 mars, elle en dénombre désormais 25 avec celui du MoDem Jean-Claude Gay rallié à sa cause. Contre 7 à la droite, qui recule inéxorablement.
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La socialiste Claudie Chauvelot-Duban a créé la surprise à Gray.