Au 19/20 de France 3, le président essaie de rassurer les téléspectateurs en parlant de l'Europe que les Français préfèrent : une Europe à la sauce française.
Ce n'est pas par hasard, si Nicolas Sarkozy a choisi le décor un peu vieillot du 19/20 de France 3, et son directeur de l'information, Paul Nahon, qu'on n'avait pas vu depuis longtemps, pour parler aux Français de ce sujet qui rase et qui inquiète désormais : l'Europe. L'Europe va mal, l'Europe fait peur... On pense au fameux « la France a peur » de Roger Gicquel... Et voilà qu'à la première question posée, le président lâche un « c'est vrai », grave. Drôle de façon de se vouloir rassurant. « Ça ne va pas, ça ne va pas du tout... » répète le président. «L'Europe inquiète, et pire, je trouve, peu à peu que nos concitoyens se demandent si finalement l'échelon national n'est pas mieux à même de les protéger que l'échelon européen. C'est un retour en arrière...» Pour sûr. Un retour à l'abri des frontières de l'hexagone. Chez nous, ça ne va pas terrible mais c'est pire ailleurs... « S'il y a retour en arrière, c'est qu'il y a eu une erreur dans la façon de construire l'Europe », explique Nicolas Sarkozy, qui déroule son argumentaire avec aisance. Quelle erreur, on ne le saura pas. Mais « il faut donc changer profondément notre façon de construire l'Europe... Il faut maintenant une Europe qui protège les Européens contre les risques de la mondialisation... »
Pas facile
Pour ceux qui n'auraient pas assimilé le message, le président insiste : « il ne faut pas avoir peur de ce mot de protection ». Formule subtile. « On a besoin de l'Europe. Il y a des sujets qu'on ne peut résoudre qu'au niveau européen ». Donc, « je dis aux Français qu'en m'occupant de l'Europe, je m'occuperai d'eux». Chargé de la présidence du Conseil de l'UE pendant les six mois qui viennent, Nicolas Sarkozy ne négligera pas sa tâche. «Je vais présider l'UE, c'est une responsabilité lourde mais pas autant que la présidence d'un pays... » C'est donc un président de l'UE « modeste », selon le conseil de Vallery Giscard d'Estaing, qui explique que ça ne va pas être facile... Le plafonnement de la TVA sur les produits pétroliers, qui adéjà été refusé une première fois et qu'il entend remettre à l'étude.. Les quotas de pêche... Le paquet énergie climat «sans doute le dossier le plus difficile de ma présidence...» Le non irlandais... L'immigration... Petit espoir tout de même sur la baisse de la TVA sur la restauration, promise «pendant la présidence». Même sur la banque centrale (BCE), « je ne vais pas critiquer, je dois rassembler toute la famille » dit Sarkozy. Qui livre pourtant sa vision des choses, frappée au coin du bon sens. « Vous pouvez augmenter les taux d'intérêts autant que vous voulez, vous ne ferez pas baisser le prix du baril ! » Bon sens aussi sur la PAC et l'OMC... Pas de naïveté, réciprocité. Discours de campagnes anciennes. «C'est ça l'Europe qui protège ! »
Provoquer un choc
« En six mois, on ne viendra pas au bout des problèmes » dit Nicolas Sarkozy, qui veut pourtant « provoquer un choc salutaire ». Quitte à en faire trop, lorsqu'il parle du Parlement européen comme d'« un exemple de démocratie ». A Audrey Pulvar ou Gérard Leclerc, qui se montrent pugnaces, il oppose un « mettez-vous à ma place ! » qui fait mouche dans les chaumières. La dernière question concerne évidemment l'avenir de France Télévisions, le président glisse : «le téléspectateur est un consommateur ». En-ont-ils eu hier soir pour leur argent ? Certainement.
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La rédaction
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Le paquet énergie climat « sans doute le dossier le plus difficile de ma présidence... »
Photo AFP